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    Société

    « Disparition d’organes génitaux masculins » en RDC : comment une fausse information a semé la panique

    Michel Vikali Par Michel Vikali May 5, 2026 Mise à jour: May 5, 2026 13 min read
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    Contexte 

    Depuis plusieurs semaines, des scènes filmées circulent massivement sur les réseaux sociaux, prétendant montrer des cas de vol et de disparition d’organes génitaux masculins dans plusieurs villes et provinces de la RDC, notamment à Kinshasa, Lubumbashi, Kindu, Kisangani et Goma. Ces rumeurs modifient profondément les comportements sociaux, installant un climat de peur et de méfiance où les contacts physiques, comme les poignées de main, sont parfois évités.  

    Cette panique a également des conséquences graves sur la sécurité et l’ordre public, avec des cas de justice populaire ayant entraîné des violences et des pertes en vies humaines dans certaines localités comme Fungurume, Kolwezi, Kindu et Kisangani. Parallèlement, les autorités judiciaires tentent de répondre à ces dérives en procédant à des arrestations et condamnations pour dénonciations calomnieuses, tandis que les marchés et les activités économiques sont perturbés, illustrant l’ampleur des impacts sociaux et institutionnels de cette désinformation. 

    À Goma, Eleza Fact a été interpellé par la multiplication de ces contenus, notamment des vidéos similaires tournées dans différents quartiers de la ville. Celles-ci montrent des scènes de foule, autour de personnes accusées de “vol d’organes”, ou encore des individus se présentant comme victimes de ces prétendus actes.

    Dans ce climat de panique, une pratique présentée comme moyen de protection s’est également répandue : le port d’une épingle à nourrice attachée à un fil élastique affectueusement nommé « Mulaso ». Cette croyance, largement relayée, gagne du terrain au sein de la population.

    Face à l’ampleur de ces allégations, Eleza Fact a mené une série de vérifications afin d’en évaluer la véracité. La rédaction a analysé des vidéos virales circulant sur les réseaux sociaux, recueilli les explications des autorités locales, afin d’obtenir les résultats des investigations menées par les services d’ordre public après les interpellations liées à ces accusations et mené des vérifications sur le terrain auprès de témoins, de personnes se présentant comme victimes et d’individus accusés. Ces informations ont également été confrontées à des données scientifiques et à des recherches académiques sur les rumeurs similaires documentées en Afrique.

    Les vérifications menées n’ont toutefois permis d’établir aucun cas avéré de disparition ou de vol d’organes génitaux. Les éléments recueillis pointent plutôt vers un phénomène de rumeurs amplifiées, nourries par la désinformation et par un climat de psychose collective.

    Ce que montrent plusieurs contenus viraux


    Plusieurs publications largement relayées sur les réseaux sociaux documentent des cas présumés de « vol de sexe » à Goma, contribuant à amplifier la rumeur. Le 15 avril, un internaute identifié comme Innocent Luanda  publie sur sa page Facebook une vidéo d’une durée d’une minute et 15 secondes. 


    La séquence montre une foule agitée entourant un jeune garçon vêtu d’un maillot du FC Barcelone. En pleurs, celui-ci affirme que son sexe vient d’êt

    re volé. Il baisse son pantalon devant la foule, laissant apparaître ce qui est présenté comme un sexe anormalement rétréci. Le texte accompagnant la publication affirme : « L'histoire est réelle. Prends tes mesures préventives les plus tôt possible...Je vous signale que l'appareil est déjà revenu (sic)».


    Au moment de notre vérification, la vidéo totalise environ 47 000 vues, 436 mentions « j’aime », 71 commentaires et 18 partages.  “ mais après le vole y a quoi qui reste à la place ?(sic)”, peut-on lire dans le commentaire .


    Un jour plus tard, le 16 avril, le journaliste Daniel Michombero  publie  à son tour une autre vidéo évoquant un cas similaire. La légende associée indique : « Goma : disparition mystérieuse d’organes génitaux masculins (...) ». Elle affirme qu’un jeune homme aurait été arrêté le 16 avril, accusé d’être impliqué dans la disparition présumée de l’organe génital d’un autre, près de l’église catholique Ave Maria, dans le quartier Kyeshero , au sud-est de la ville de Goma (Est de la RDC).


    Les images montrent un jeune homme en chemise blanche, visiblement blessé et entouré par une foule qui le prend à partie. Accusé d’avoir « volé » le sexe d’un autre individu, il est sommé par certains de le restituer, dans un climat de forte tension.

    Par ailleurs, d’autres contenus similaires circulent également sur des plateformes comme TikTok. Ces contenus renforcent la visibilité et la propagation de ces allégations. C’est le cas d’une vidéo publiée par la chroniqueuse Huguette Kanumbu basée à Goma, dans laquelle elle interviewe deux jeunes garçons se présentant respectivement comme expert et témoin direct d’une supposée scène de disparition d’organes génitaux.

    Dans cette séquence, l’un d’eux affirme que si une personne se rend compte du prétendu vol dans les trente secondes suivant le contact avec l’auteur, elle peut encore être « sauvée ». Il ajoute également que chaque organe génital volé rapporterait jusqu’à 50 000 dollars américains. De son côté, son compagnon appelle la population à se protéger, en insistant sur la prétendue réalité de ces faits, contribuant ainsi à entretenir la peur et la désinformation. 

    Au moment de notre vérification, la vidéo cumulait déjà plus de 300 mentions « J’aime » et soixantaine de partages, accompagnés de nombreux commentaires, dont certains traduisent une inquiétude croissante et une croyance en l'information , à l’image de : « Goma muna itika sasa » traduit en français par « Goma vous acceptez maintenant ». 

    Des rumeurs infondées démasquées

    Dans le quartier Kasika, situé dans la commune de Karisimbi à Goma, près du lieu-dit   « Kilijiwe », une autre prétendue victime a livré son témoignage dans un cadre de réconciliation organisé dans la matinée du 17 avril 2026. Cette rencontre, visant à clarifier les faits, s’est déroulée en présence de  la famille de la prétendue victime, d’un pasteur et des proches de la personne accusée.

    Après plusieurs refus, Eleza Fact a finalement été autorisé à assister à la rencontre, représenté par Michel Vikali, un proche de la personne accusée. La réunion, qui a duré près d’une heure , a permis de recueillir des informations importantes. Selon Michel Vikali, M. Djojo, la prétendue victime y a reconnu avoir porté de fausses accusations.

    « Celui-ci c’est Danny, c’est mon ami. Il m’avait prêté un téléphone iPhone XR et nous nous étions entendus pour que je le rembourse progressivement. Après quelques semaines avec le téléphone, sur le chantier où je travaille comme maçon, il a été volé.

    Dans une situation difficile, il m’a dit qu’il allait s’arranger avec son fournisseur. De mon côté, je continuais à payer petit à petit. J’avais déjà versé 40 dollars et il me restait une dette de 100 dollars.

    Depuis juin de l’année passée, je n’ai plus réussi à payer et cela me mettait sous pression.

    Ensuite, ayant entendu dire que ce type d’accusation pouvait entraîner une arrestation, j’ai inventé un scénario et je l’ai accusé afin de me libérer de cette dette. J’ai affirmé qu’il m’avait pris mon sexe comme gage et que ce n’est qu’après remboursement qu’il me le restituerait. »

    Après ce témoignage, l’auteur de l’accusation s'est excusé auprès de l’accusé et de sa famille. Il a également précisé que rien ne lui avait été volé et qu’il était toujours en possession de son organe génital.

    De son côté, Danny, l’accusé, n’a pas réagi directement durant la rencontre. Toutefois, à l’issue de celle-ci, il a confié avoir été contraint de se cacher pendant près de 24 heures :

    « C’est un ami qui m’a alerté en me disant que Djojo racontait partout que je lui avais volé son sexe parce qu’il refusait de me payer, et qu’il comptait venir à mon lieu de travail avec des policiers pour m’arrêter. Ce qui s’est avéré faux. J’ai été obligé de fuir et de me cacher. Apparemment, il circulait avec la photo d’une autre personne en prétendant que c’était ce qui lui était arrivé. »

    À la fin de la rencontre, le pasteur présent a prodigué des conseils à la prétendue victime, rappelant que l’amour du prochain doit guider les comportements et que ce type d’accusations peut entraîner de graves conséquences.

    Les autorités locales s'impliquent pour démêler le vrai du faux

    Face à la propagation de ces contenus, Eleza Fact a également examiné les éléments communiqués par les autorités locales de Goma.

    Dans une vidéo  publiée le 15 avril sur la page Facebook de la chaîne Life Up TV (archivée ici), le maire de la ville sous l’AFC/M23, Ngabo Désiré, présente neuf personnes interpellées par les services de police. Ces dernières ont été placées en observation pendant environ 72 heures. Selon les explications fournies, certaines étaient accusées de « vol de sexe », tandis que d’autres se déclaraient victimes de ces actes présumés, parmi lesquels le jeune homme en maillot du club espagnol FC Barcelone.

    À l’issue de cette période d’observation, le maire affirme qu’aucun cas de disparition réelle d’organe n’a été constaté. Il indique que toutes les personnes présentées comme victimes possédaient effectivement leurs organes génitaux, sans anomalie physique. Il qualifie ces allégations de « pur mensonge » et évoque des actes de manipulation de la part de personnes mal intentionnées visant à semer la panique au sein de la population.

    Il souligne également que ces rumeurs ont déjà conduit à des actes de violence, certaines personnes accusées ayant été prises à partie par la population. Dans ce contexte, il met en garde contre toute tentative de diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public, précisant que les auteurs s’exposent à des poursuites judiciaires. Il appelle par ailleurs les habitants à vaquer librement à leurs activités.

    Dans une autre vidéo (documentée ici) diffusée sur la même chaîne, le jeune garçon apparaissant dans la première séquence virale vêtu d’un maillot du FC Barcelone  est interrogé après les faits. Il y déclare clairement qu’il possède son organe génital, contredisant ainsi les propos tenus dans la vidéo où il apparaissait en état de panique.

    La chaîne interroge également le jeune homme accusé d’avoir « volé » le sexe de cet enfant. Celui-ci rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Il explique qu’il se trouvait à proximité de l’INPP à la recherche de l’adresse d’un ami nommé Espoir, lorsqu’il a approché un groupe d’enfants pour demander son chemin. Selon son récit, ces derniers ont pris peur et se sont mis à fuir, alertant d’autres personnes en affirmant qu’il serait un individu impliqué dans les vols de sexe. Une foule s’est alors formée et s’en est prise à lui physiquement.

    Quand la peur produit des symptômes : éclairage scientifique sur le phénomène

    Ce décalage entre ressenti et réalité est bien documenté en sciences médicales et en psychiatrie. Il renvoie notamment à un trouble connu sous le nom de syndrome de Koro.

    Le syndrome de Koro  se caractérise par la conviction intense que les organes génitaux — en particulier le pénis chez l’homme — sont en train de se rétracter, de disparaître ou de rentrer dans l’abdomen, avec une peur associée pouvant aller jusqu’à la crainte de mourir.

    Des études cliniques de la National Library of Medecin (archivé ici) montrent que ce phénomène survient souvent dans des contextes de forte anxiété ou de rumeurs collectives. Il ne s’agit pas d’une disparition réelle de l’organe, mais d’une interprétation erronée de sensations physiques provoquées par le stress.

    Sur le plan physiologique, la peur déclenche une réaction du système nerveux autonome. Cette réaction peut entraîner une vasoconstriction, c’est-à-dire une réduction temporaire du flux sanguin dans certaines parties du corps, y compris les organes génitaux. Cela peut donner l’impression d’un rétrécissement momentané.

    Par ailleurs, le stress intense peut provoquer des contractions musculaires au niveau du scrotum, accentuant encore cette sensation. Ces mécanismes sont normaux et réversibles, mais dans un contexte de rumeur, ils peuvent être interprétés comme une preuve de « vol ».

    Ce phénomène est également lié à ce que les scientifiques appellent l’effet nocebo, où la croyance en un danger suffit à déclencher des symptômes physiques réels.

    Une rumeur ancienne, instrumentalisée en Afrique par des acteurs étrangers

    Ce type d’épisode n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un phénomène plus large étudié par des chercheurs comme Julien Bonhomme, qui, dans son ouvrage Alerte aux voleurs de sexe ! Anthropologie pragmatique d’une rumeur africaine (archivé ici),  a analysé la propagation des rumeurs de « vol de sexe » en Afrique subsaharienne.

    Selon ses recherches, ces rumeurs suivent un schéma récurrent : un contact entre inconnus, une sensation corporelle interprétée comme une agression, une accusation publique, puis une réaction collective pouvant aller jusqu’à des violences.

    Depuis les années 1970, des cas similaires ont été documentés dans plus d’une quinzaine de pays, dont le Nigeria, le Cameroun, le Ghana ou encore la RDC. Dans certains épisodes, ces rumeurs ont même conduit à des violences graves, parfois meurtrières, alimentées par la peur et la suspicion.

    Dans un précédent épisode similaire survenu à Kindu, des rumeurs de disparition d’organes génitaux masculins après un simple contact avaient également circulé, suscitant une vive inquiétude au sein de la population. Dans une vérification (documentée ici) publiée à cette période, Eleza Fact avait interrogé des journalistes locaux ainsi que les autorités municipales et provinciales, lesquelles avaient indiqué qu’aucun cas réel n’avait été enregistré par les services compétents, concluant que ces allégations relevaient davantage d’une rumeur ayant provoqué une psychose collective et des violences contre des personnes innocentes.

    Cette instrumentalisation des rumeurs dépasse parfois les frontières locales pour devenir une arme géopolitique. Un cas emblématique est documenté par EUvsDisinfo : une rumeur similaire de « vol de pénis » apparue en République centrafricaine (RCA) a été reprise et amplifiée par la propagande russe pour cibler la France. L’opération débute le 28 octobre 2024, lorsque le site malien Bamada.net, déjà identifié comme soutien de la junte et relais d’influence pro-Kremlin, publie un article affirmant que des services de renseignement français volent des organes génitaux masculins pour les envoyer dans des « bunkers secrets sous le château de Versailles ». Le but serait de lutter contre la baisse démographique de la France, l’article allant jusqu’à mettre personnellement en cause un diplomate français et le président Emmanuel Macron. 

    Le récit s’appuie sur une réalité : en août 2024, la RCA a effectivement connu une flambée de rumeurs de sextorsion après une poignée de main, provoquant des attaques contre de supposés « voleurs de sexe » et poussant le gouvernement à appeler au calme. La propagande prorusse s’est emparée de cette psychose collective locale, l’a transposée sur une cible étrangère avec des détails absurdes mais calibrés, et l’a diffusée via des publicités Facebook payantes. L’authenticité de l’accusation a été immédiatement démentie par des médias de fact-checking, qui ont exposé la fausse « expertise » de l’article, et Bamada.net a fini par le retirer dix jours plus tard. Sur les réseaux sociaux, seuls 16 % des commentaires exprimaient une réelle croyance dans cette intox. 

    Pourtant, cette tentative de désinformation illustre parfaitement la porosité entre panique locale et manipulation internationale : comme le souligne l’anthropologue Julien Bonhomme déjà cité, une vieille rumeur anthropologique peut fournir « la matrice à une fake news produite à des fins idéologiques ». En RDC comme ailleurs en Afrique, la rumeur de « vol d’organes » n’est plus seulement un fait social local: elle peut être transformée en arme de propagande à l’échelle internationale, exploitant la peur pour attiser le sentiment anti-occidental.

    Ces recherches montrent que ces phénomènes relèvent moins d’une réalité physique que d’une dynamique sociale et psychologique amplifiée par la circulation de l’information, notamment via le bouche-à-oreille hier et les réseaux sociaux aujourd’hui.

    Économie de la rumeur et illusion protectrice

    Au-delà de la panique, certains chercheurs évoquent des dynamiques proches des « économies de la rumeur » ou  « économie occulte », où la circulation d’informations alarmistes peut indirectement favoriser la vente d’objets présentés comme protecteurs, tels que les épingles à nourrice et le fil élastique « mulaso ». Des cas similaires ont été documentés en Afrique de l’Ouest, où des rumeurs de « vol de sexe » ont parfois été exploitées pour proposer des solutions payantes ou des talismans sans efficacité prouvée, comme l’indique cette étude publiée sur National Library of Medecine (archivé ici) et cet article sur  Live Science (archivé ici). Dans plusieurs pays comme le Ghana et le Nigeria, ces rumeurs ont même été associées à des pratiques d’extorsion, certains individus promettant de « restaurer » les organes prétendument disparus en échange d’argent.

    Des situations comparables ont aussi été observées en Afrique de l’Est, notamment en Tanzanie, où ces rumeurs ont entraîné des paniques collectives et des pratiques de protection informelles. 

    Ce mécanisme d'exploitation économique est récurrent. En 2008 à Kinshasa, des présumés "victimes" affirmaient que des sorciers leur avaient volé leur sexe par un simple contact, dans ce que la police qualifiait de tentative d'extorsion d'argent en échange d'une "guérison". En 2019 au Kasaï, un article de La Libre Afrique a également documenté que ces rumeurs étaient parfois répandues par de petits voleurs qui semaient la panique dans les lieux publics pour dérober plus facilement.

    À Goma, Eleza Fact a constaté une hausse significative du prix des épingles à nourrice, un objet autrefois banal devenu difficile à trouver dans certains marchés, dans un contexte où la demande semble influencée par la rumeur. Sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes portent ces dispositifs, convaincues de leur efficacité. Toutefois, aucune donnée scientifique ne confirme ces croyances. Les recherches, notamment celles de Julien Bonhomme dans Alerte aux voleurs de sexe !, cité plus haut, montrent que ces comportements s’inscrivent dans des dynamiques de croyances collectives qui émergent en période d’anxiété, renforçant un sentiment de contrôle face à une menace perçue, mais non démontrée.

    Conséquences et implications judiciaires

    Les conséquences humaines de cette psychose sont lourdes. Selon un reportage de RFI du 15 mars 2026, au moins quatre personnes ont trouvé la mort dans la région du Katanga : une femme enceinte a été lapidée à Kambove, et trois hommes ont été brûlés vifs à Fungurume. À Kindu, des dizaines de victimes ont été enregistrées à la suite d'actions de justice populaire extrêmement violentes. Dans un autre drame survenu en octobre 2025 à Isangi (province de la Tshopo), deux médecins ont été brûlés vifs à la suite d'accusations similaires. Un autre épisode a été signalé recemment à Goma par les autorités municipales, où, le 17 avril 2026, dans le quartier Nyabushongo, un jeune homme a été lapidé par la population après avoir été accusé de « vol de sexe » (cas archivé ici).

    Les autorités judiciaires ne se contentent pas d'appels au calme. Début mars 2026, le tribunal de Kolwezi a condamné un jeune homme à 15 ans de prison pour avoir faussement accusé quelqu'un d'avoir volé son sexe. À Lubumbashi, un autre procès était en cours contre deux hommes poursuivis pour des faits similaires. Ces condamnations dissuasives envoient un signal clair contre les dénonciations calomnieuses.

    Conclusion

    Au terme de ces vérifications menées par Eleza Fact, aucun élément factuel ne permet de confirmer l’existence de cas réels de disparition d'organes génitaux à Goma. Les enquêtes des autorités locales, les témoignages recueillis sur le terrain ainsi que les explications scientifiques convergent vers une même conclusion : il s’agit d’un phénomène de rumeur et de panique collective, amplifié par la circulation rapide d’images et de récits non vérifiés sur les réseaux sociaux.

    Au-delà de la désinformation, ces rumeurs peuvent avoir des conséquences dramatiques. Elles alimentent la méfiance, perturbent la vie sociale et économique et peuvent conduire à des violences graves, voire à des pertes en vies humaines lorsque des personnes sont accusées à tort.

    Dans un tel contexte, la vigilance face aux informations virales devient essentielle. Avant de partager un contenu alarmant, il est important d’en vérifier la source et la crédibilité.

    Edité par Joël Alimasi et Daniel Makeke

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