Contexte
Les examens d’État ont débuté ce lundi 4 mai 2026 sur toute l’étendue du territoire national, y compris dans les zones contrôlées par le M23 dans l’Est de la RDC (archivé ici). Le lancement officiel des épreuves a été effectué par les autorités éducatives (archivé ici). Des milliers de candidats finalistes prennent part à cette session dans les différents centres d’examen du pays. C’est dans ce contexte qu’une image est largement partagée sur les réseaux sociaux, montrant des militaires en pleine surveillance des examens d’État.
Cette publication a rapidement suscité des interrogations sur la véracité de cette scène et sur le rôle attribué aux forces armées dans le déroulement des épreuves.
Face à cette viralité, une vérification a été menée par Eleza fact en analysant le contexte de diffusion de l’image et en la soumettant à plusieurs outils de détection de contenus générés par intelligence artificielle, notamment Understandable IA, Hive Moderation et Deep IA.
Source de l’infox
L’image a été publiée par Mukito Mtakatifu dans le groupe fecebook nommé « Kibumba stars » qui compte plus de 115 000 membres . En accompagnement des images, il dit : « Examen hors sessions ».
La publication a suscité plusieurs réactions sur les réseaux sociaux : plus de 1600 mentions “j’aime” , plus de 150 commentaires et une vingtaine de partages en moins de 24 heures. Certains internautes ont exprimé des messages de soutien et de prières à l’endroit des finalistes, demandant la protection et la guidance divine pour les élèves durant la période des examens.
D’autres commentaires, en revanche, ont tenu des propos critiques et ironiques, évoquant la situation sécuritaire et le rôle des différentes forces sur le terrain, traduisant ainsi des perceptions contrastées et parfois confuses autour du contexte dans lequel se déroulent ces épreuves.
Une image générée par intelligence
Dans le but de vérifier l’authenticité de cette image, Eleza Fact l’a soumise à plusieurs outils de détection de contenus générés par intelligence artificielle. Les résultats obtenus convergent vers la même conclusion.
Dans un premier temps, l’image a été analysée à l’aide de l’outil Undetectable AI, qui estime qu’elle n’a qu’environ 3 % de probabilité d’être réelle, contre 97 % de probabilité qu’elle soit générée par intelligence artificielle.

Ensuite, elle a été soumise à l’outil Hive Moderation, qui fournit une analyse plus détaillée. Celui-ci indique 99,9 % “AI-Generated Image”, ce qui indique que l’image a été créée par une intelligence artificielle (comme Midjourney, DALL·E, etc.), donc qu’elle n’est pas une vraie photo prise sur le terrain.


Enfin, l’image a été soumise à l’outil Deep IA qui a détecté une possibilité de 97 % que celle-ci ait été générée par l’intelligence artificielle.

L’ensemble de ces analyses concordantes permet de conclure que cette image est très probablement générée par intelligence artificielle et ne constitue pas une preuve visuelle fiable d’un événement réel.
Les allégations de présence militaire dans les centres d’examen démenties par les institutions scolaires
Contacté par Eleza Fact via l’application WhatsApp, Daniel Kanyenyezi, préfet du complexe scolaire Turunga, l’un des centres des examens d’État dans le territoire de Nyiragongo, a précisé que l’information selon laquelle des militaires auraient été présents dans les salles d’examen est fausse. « C’est totalement faux. Ici, à Nyiragongo, tout s’est déroulé dans un bon climat », a-t-il déclaré.
De son côté, l’élève Munihire Sekaganda Jeanne d’Arc, du centre scolaire Turunga, a également démenti ces allégations.
De même, Keren Ngalula, élève finaliste du collège Mwanga affectée au centre du Lycée Chem-Chem, a confirmé la même version. « Je n’ai vu aucun militaire dans notre salle d’examen, ni même à l’extérieur » a-t-elle affirmé
Conclusion
En définitive rien ne permet d' affirmer que des militaires ont réellement surveillé les examens d'État préliminaires dans les centres des examens. Les analyses techniques montrent que l’image virale a très probablement été générée par intelligence artificielle tandis que les témoignages recueillis auprès de responsables scolaires et des élèves contredisent clairement ces allégations.
Cette situation montre les risques liés à la diffusion rapide de contenus trompeurs sur les réseaux sociaux surtout dans des contextes sensibles.
Face à ce type de contenu, il est important de vérifier la source de l'information avant de la partager. Il faut aussi se méfier des images impressionnantes ou sorties de leur contexte et prendre le temps de comparer avec des sources fiables. Développer un esprit critique permet de limiter la propagation des fausses informations et de mieux comprendre l' actualité.
