L’année 2025 a été marquée par une intensification sans précédent de la désinformation en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs. Conflit armé à l’est du pays, tensions diplomatiques régionales, enjeux sécuritaires et la montée en puissance des contenus générés par l’intelligence artificielle ont créé un environnement informationnel particulièrement fragile. Basé à Goma, au cœur même de cette zone de conflit, Eleza Fact a dû composer avec un contexte sécuritaire instable, obligeant parfois ses équipes à se déplacer pour préserver leur sécurité, leur neutralité et leur indépendance éditoriale. Dans ce climat complexe, la plateforme s’est imposée comme un acteur central de la vérification des faits, en déconstruisant des infox virales susceptibles d’alimenter la peur, la haine ou la manipulation politique.
Les articles retenus dans cette rétrospective ont été sélectionnés sur la base de plusieurs critères : la viralité des contenus vérifiés, leur impact potentiel sur l’opinion publique, la gravité des allégations formulées et la rigueur méthodologique des enquêtes menées. L’ordre de présentation tient compte de l’importance et de la portée de chaque vérification. Eleza Fact a traité aussi bien des manipulations statistiques, des déclarations publiques controversées, que des images sorties de leur contexte ou générées par intelligence artificielle, illustrant ainsi l’ampleur et la diversité des formes de désinformation observées en 2025.
Articles marquants produits par Eleza Fact en 2025
Le premier article marquant de l’année a porté sur une affirmation largement relayée selon laquelle la RDC serait devenue, en octobre 2025, le pays le plus pauvre au monde. L’enquête d’Eleza Fact a démonté cette allégation en s’appuyant sur des données économiques internationales actualisées, montrant que cette affirmation reposait sur une interprétation erronée et trompeuse des indicateurs de pauvreté.

Le deuxième article majeur s’est penché sur les déclarations de Christian Bosembe concernant la liberté de la presse en RDC. À travers une analyse rigoureuse des faits, des textes légaux et des rapports d’organisations spécialisées, Eleza Fact a démontré que plusieurs propos tenus sur ce sujet ne correspondaient pas à la réalité documentée.

Le troisième article a concerné une image de Goma, prise en février, brandie par Donald Trump pour illustrer l’enterrement de fermiers blancs en Afrique du Sud. L’enquête a permis d’établir que cette image n’avait aucun lien avec le contexte évoqué et qu’elle avait été détournée de son cadre initial, alimentant une narration trompeuse à l’échelle internationale.

Le quatrième article s’est attaqué à une croyance largement répandue sur les réseaux sociaux : la succion du sein, prétendument efficace pour lutter contre le cancer du sein. Eleza Fact a confronté cette affirmation aux connaissances médicales établies, en s’appuyant sur des sources scientifiques fiables, afin de démontrer le caractère infondé et potentiellement dangereux de cette information.

Le cinquième article a analysé les déclarations faites par Yves Buya au sujet de la nouvelle ambassade des États-Unis à Kinshasa. L’enquête a permis de vérifier point par point ces propos, en distinguant les faits avérés des exagérations ou interprétations erronées.

Le sixième article a porté sur une vidéo d’une manifestation au Cameroun, faussement présentée comme montrant la population de Kiliba célébrant l’arrivée de l’AFC/M23. Grâce à une analyse contextuelle et à des recherches inversées, Eleza Fact a démontré que cette vidéo n’avait aucun lien avec la RDC.

Le septième article marquant a permis de corriger une information affirmant que Constant Mutamba avait déjà été condamné. L’enquête a établi qu’aucune décision judiciaire définitive n’avait été rendue à son encontre au moment de la publication de cette rumeur.

Le huitième article s’est intéressé à une vidéo choquante montrant des civils se faisant massacrer par des hommes armés, présentée à tort comme impliquant les FARDC ou le M23. Eleza Fact a démontré que cette vidéo ne concernait ni l’un ni l’autre, évitant ainsi une manipulation émotionnelle aux conséquences graves.

Le neuvième article a déconstruit une affirmation spectaculaire selon laquelle le M23 aurait lancé un satellite dans l’espace aérien congolais. L’enquête a mis en évidence l’absence totale de fondement technique et factuel de cette allégation.

Le dixième article marquant a concerné un audio attribué à la RFI, prétendant contenir des aveux de culpabilité de Corneille Nangaa. Eleza Fact a démontré qu’il s’agissait d’un contenu généré par intelligence artificielle, illustrant une fois de plus l’essor des manipulations audio en 2025.

Autres cas de désinformations déconstruits par Eleza Fact
Une part importante des enquêtes d’Eleza Fact en 2025 a porté sur des infox liées à la sécurité et aux conflits armés. Basée à Goma, au cœur du conflit à l’est de la RDC, la rédaction a été directement confrontée aux effets de ces rumeurs sur les populations locales. De fausses annonces de coups d’État, de prises de villes ou de déploiements militaires spectaculaires ont ainsi été déconstruites, révélant l’usage de contenus étrangers détournés de leur contexte.
L’année 2025 a également été marquée par l’essor massif des images et vidéos générées par intelligence artificielle dans l’espace informationnel congolais. Malgré des contraintes sécuritaires et logistiques, Eleza Fact a mené des analyses techniques rigoureuses pour identifier ces manipulations, en mettant en évidence des incohérences visuelles, des filigranes d’IA et des anomalies graphiques, tout en sensibilisant le public aux nouveaux risques liés à ces technologies.
Enfin, de nombreuses désinformations ont visé les relations diplomatiques de la RDC ainsi que ses institutions et autorités. Eleza Fact a vérifié des affirmations sur de prétendus accords militaires secrets, des rencontres inventées ou des déclarations faussement attribuées, en s’appuyant sur des sources officielles et des documents vérifiables. Ces enquêtes, relayées sur les réseaux sociaux, ont contribué à rétablir les faits, à renforcer le débat public et à consolider le rôle pédagogique du média dans un environnement informationnel polarisé.
Leçons tirées de l’année 2025
L’analyse des enquêtes de 2025 met en lumière une sophistication croissante des techniques de désinformation. Elle confirme la nécessité d’un fact-checking rigoureux, indépendant et ancré dans le terrain, en particulier dans des zones de conflit comme l’est de la RDC.
En 2025, Eleza Fact a joué un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation en République démocratique du Congo, malgré un contexte sécuritaire particulièrement difficile et une implantation au cœur du conflit à Goma. Cette réalité a parfois contraint l’équipe à se déplacer afin de préserver sa sécurité, sa neutralité et son indépendance éditoriale. À travers des enquêtes rigoureuses, fondées sur des preuves vérifiables, et un engagement constant en faveur de la vérité, la plateforme a contribué à protéger le public contre des infox susceptibles d’aggraver les tensions sécuritaires, politiques et sociales, tout en renforçant l’esprit critique des citoyens.
L’année 2025 a également marqué une étape importante pour Eleza Fact sur le plan institutionnel et professionnel. L’octroi du badge de l’International Fact-Checking Network (IFCN) est venu reconnaître la rigueur, la transparence et le respect des standards internationaux qui guident le travail de la rédaction. Cette reconnaissance renforce la crédibilité d’Eleza Fact et consolide sa place parmi les acteurs africains engagés dans la vérification des faits et la lutte contre la désinformation.
Eleza Fact remercie sincèrement l’ensemble de ses lecteurs pour leur confiance, leur soutien et leur engagement tout au long de l’année 2025. Grâce à vous, le fact-checking a continué de progresser en RDC et au-delà. Fort de cet appui, Eleza Fact se projette déjà vers 2026 avec l’organisation de l’Ukweli Summit, premier sommet congolais dédié à la vérification des faits, qui ambitionne de renforcer la collaboration, la formation et l’impact du fact-checking en RDC. Ensemble, continuons à défendre la vérité et à faire de l’information fiable un pilier essentiel de nos sociétés.
